Pensionnats indiens

Trauma_residential_schoolsEn 1867, le Canada a adopté une politique d’assimilation des Autochtones conçue pour transformer leurs collectivités d’un état « sauvage » à un état « civilisé ». Les lois canadiennes ont forcé, sous peine de poursuites judiciaires, les parents autochtones à envoyer leurs enfants dans un pensionnat indien. Les pensionnats interdisaient l’usage des langues autochtones, ainsi que l’observance de leurs traditions, enseignements, pratiques et coutumes. Les enfants étaient éloignés des membres de leur famille pendant des mois et même parfois pendant des années avant de les retrouver.

Plusieurs milliers d’enfants autochtones ont été enlevés de leurs familles et placés dans le système des pensionnats indiens pendant l’existence de ce dernier. Bien que la majorité des enfants aient été des Indiens inscrits, leur nombre comprenait aussi de nombreux Inuits, Métis et Indiens non inscrits. Indépendamment du nombre précis de pensionnaires, les Autochtones de tout le pays ont payé un prix élevé, tant individuellement que collectivement, pour l’expérience malavisée d’assimilation culturelle du gouvernement. (Fondation autochtone de guérison, 2003)

De la moitié du XIXe siècle à la moitié du XXe siècle, le pensionnat indien a été la norme pour les Autochtones. Les pensionnats étaient administrés par des ordres religieux à leurs débuts, puis ils tombèrent sous le contrôle total du gouvernement au cours des dernières années.

Les mauvais traitements qui ont été administrés sont nombreux et comprennent des actes de violence physique, de négligence, de torture et de violence sexuelle perpétrés par le personnel des pensionnats. Malgré le fait que la violence était dirigée vers des personnes particulières, elle faisait partie d’un projet plus vaste de suppression totale de la culture et de l’identité autochtones. Les collectivités autochtones continuent de ressentir les répercussions de ce que certains appellent une tentative de « génocide culturel ».

Répercussions
Les répercussions de l’expérience des pensionnats indiens sont intergénérationnelles — elles sont passées de génération en génération. Les parents qui ont été forcés d’envoyer leurs enfants dans les pensionnats ont dû traiter les effets dévastateurs de la séparation et de l’absence totale de participation aux soins et au bien-être de leurs enfants. Bon nombre d’enfants ont subi de la part du personnel des pensionnats d’atroces actes de violence qui ont été aggravés par des programmes d’études qui les ont dépouillés de leurs langues et culture autochtones. Cela a accentué les sentiments d’aliénation, de honte et de colère qui ont été passés à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

Les effets d’un traumatisme tendent à se propager comme des rides sur un étang à partir des personnes touchées par un traumatisme vers celles qui les entourent. Chez les survivants des pensionnats, les conséquences de la violence émotionnelle, physique et sexuelle continuent d’être senties par chaque génération subséquente. Des blessures traumatiques profondes hantent la vie de nombreux Autochtones à qui on a enseigné à avoir honte juste parce qu’ils étaient des Autochtones.

Un autre facteur important du processus de guérison du traumatisme des pensionnats est le fait qu’en raison de la colonisation, les aînés et les guérisseurs des collectivités, qui auraient joué un rôle vital dans le processus de guérison, n’ont pas été remplacés ou ont été mis à mal par les missionnaires. Ainsi, une ressource qui aurait fourni une aide importante aux personnes qui ont subi le traumatisme des pensionnats indiens n’était pas accessible. « Chaque génération d’enfants qui retournaient à la maison avait de moins en moins de ressources accessibles » (Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2012).

Un autre facteur important dont il faut tenir compte est la violation de la relation d’attachement des enfants à leurs parents, leur collectivité naturelle et leurs mécanismes de soutien culturel. L’expérience d’être arrachés de leurs fournisseurs de soins a dû être traumatique et elle a eu des répercussions importantes sur le développement des enfants. L’attachement à un fournisseur de soins sensible, aimant et méthodique est essentiel pour un épanouissement et un développement en santé. Bon nombre d’enfants qui sont passés par le système des pensionnats indiens n’ont pas eu cette expérience après avoir été enlevés de leurs familles et ils luttent aujourd’hui en raison du traumatisme d’avoir été séparés de leurs figures d’attachement.

Les répercussions du bouleversement de tels attachements sont ressenties par la personne, la famille et la collectivité :

  • shutterstock_90512641Isolation et aliénation
  • Honte
  • Colère envers l’école et les parents
  • Haine de soi
  • Racisme internalisé
  • Peur de l’autorité
  • Faible estime de soi
  • Comportements autodestructeurs (abus d’alcool ou d’autres drogues, jeux de hasard, alcoolisme, comportements suicidaires)
  • Comportements agressifs
  • shutterstock_3744427Chagrin non résolu
  • Difficulté d’être des parents efficaces.
  • Violence familiale
  • Perte des histoires familiales
  • Perte des traditions
  • Perte d’identité
  • shutterstock_12154393Perte de l’interdépendance du langage, des traditions et de l’histoire culturelle
  • Perte de la convivialité et du soutien collectif
  • Perte du soutien des aînés
  • Manque de contrôle sur la terre et les ressources
  • Accroissement du taux de suicide
  • Manque d’éducation communautaire des enfants
  • Manque d’initiative
  • Dépendance par rapport aux autres
  • Violence communautaire

Étant donné que les répercussions des pensionnats sont intergénérationnelles, bon nombre d’Autochtones sont nés dans des familles et des collectivités qui luttent contre les effets des traumatismes depuis de nombreuses années. L’impact d’un traumatisme intergénérationnel est renforcé par les attitudes racistes qui continuent d’imprégner la société canadienne.

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