Auto-évaluation organisationnelle

Les organismes sensibles aux traumatismes ont besoin d’un leadership qui agit comme suit :shutterstock_127393877

  • initier et promouvoir le changement organisationnel en conformité avec des pratiques sensibles aux traumatismes
  • élaborer une stratégie de renforcement graduel des pratiques sensibles aux traumatismes;
  • tenir compte des ressources, de la capacité organisationnelle et des pressions dans le développement de pratiques sensibles aux traumatismes;
  • reconnaître que tout le personnel contribue aux pratiques sensibles aux traumatismes au niveau organisationnel

La liste de vérification organisationnelle qui suit est fondée sur une liste de vérification élaborée par la Dre Nancy Poole et ses collègues au British Columbia Centre for Excellence in Women’s Health. La liste qui suit a été modifiée et ajoutée à des fins générales à la trousse d’outils sur les traumatismes. (Pour consulter la liste de vérification organisationnelle originale et complète de la Dre Poole, rendez-vous sur le site www.bccewh.bc.ca) La liste de vérification est un outil qui peut être utilisé par les organismes à titre de lignes directrices pour la mise en œuvre de pratiques sensibles aux traumatismes. Elle a été développée pour servir de point de départ d’un processus continu en vue de devenir un organisme ou un système sensible aux traumatismes.

Politique générale et mandat du programme

Critères

Énoncé de principes rédigé clairement

  • L’organisme a adopté un énoncé de principes ou de position qui comprend un engagement en faveur des principes et des pratiques sensibles aux traumatismes
  • L’énoncé de principes ou de position définit les liens entre les traumatismes et la programmation, ainsi que les conséquences sur l’accès aux services et leur conception.
  • L’énoncé de principes ou de position est soutenu par les dirigeants.

Pratiques fondées sur des données probantes

  • Les services sont fondés sur un modèle optimiste et sensible aux traumatismes, qui tient compte des forces et est fondé sur des données probantes.

Style de leadership général

  • Les directeurs de programme et les superviseurs cliniques comprennent le travail du personnel de soins directs en ce qui a trait à la prestation de services à des personnes qui ont vécu un traumatisme.
  • Les dirigeants offrent du temps et d’autres ressources aux membres du personnel (p. ex., espace, fonds) pour qu’ils puissent se concentrer sur la mise en œuvre de services sensibles aux traumatismes.
  • Les dirigeants connaissent les répercussions que les traumatismes peuvent avoir sur les membres du personnel et ils savent que bon nombre des employés ont subi les effets d’événements traumatisants au cours de leur vie.
  • Les dirigeants mettent de l’avant des principes démocratiques.

Collaboration

  • La collaboration et la prise de décision partagée sont des éléments clés du style de leadership. La collaboration englobe les clients dans l’élaboration d’approches sensibles aux traumatismes.
  • Les dirigeants encouragent les clients, les patients, les pensionnaires et les membres du personnel à offrir leurs suggestions, leur rétroaction et leurs idées dans le cadre d’un processus structuré et transparent.

Centre de responsabilité

Pratiques d’embauche

Critères

Mention des traumatismes dans la description de travail et dans l’entrevue.

  • La description de travail comprend les connaissances, les compétences et les habiletés nécessaires pour travailler avec des personnes ayant vécu un traumatisme.
  • L’entrevue d’emploi comprend des questions sur les traumatismes, y compris des questions sur les connaissances et les compétences en matière de pratiques sensibles aux traumatismes.

Formation pour promouvoir la sensibilisation

  • Tous les membres du personnel reçoivent une formation de base et une formation continue (si nécessaire) pour approfondir leur compréhension des traumatismes, y compris une compréhension de base des répercussions psychologiques, neurologiques, biologiques, relationnelles et spirituelles des traumatismes sur les personnes.
  • Les membres du personnel sont libérés de leurs fonctions habituelles afin qu’ils puissent participer à des activités de formation

Le personnel reçoit une formation sur les sujets suivants

  • les liens entre la santé mentale, la consommation d’alcool ou d’autres drogues et les traumatismes (et les troubles concomitants)
  • le savoir-faire culturel, y compris les diverses pratiques et croyances et les divers rituels culturels, les diverses réactions culturelles aux traumatismes et l’importance de lier la sécurité culturelle et les pratiques sensibles aux traumatismes
  • comment le sexe influence les genres de traumatismes vécus et quelles sont les réactions individuelles et systémiques aux traumatismes
  • l’aptitude à communiquer et les compétences relationnelles, y compris l’établissement de limites de manière non conflictuelle et un langage qui décrit « la personne d’abord » (p. ex., avec les personnes sans domicile, pratique de l’écoute active, etc.)
  • la minimisation d’une nouvelle traumatisation, y compris la structure psycho-éducative, les mécanismes d’adaptation, la perspective de sécurité culturelle, les stratégies de dédramatisation, la conscience de l'ici-maintenant et les techniques de modulation émotionnelle.
  • la définition du traumatisme par procuration, comment il se manifeste et les façons de minimiser ses effets, y compris les soins auto-administrés, la résilience et les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle
  • la pleine conscience et le développement des capacités d’apaisement de soi et d’auto-compassion
  • la compréhension et l’appréciation des liens entre l’esprit, le corps et l’âme;
  • la prévention du suicide et la formation d’observateurs

Le personnel reçoit une formation qui encourage la connaissance des services :

  • connaissance des services propres aux traumatismes dans le système de santé mentale;
  • connaissance de la gamme des services spécialisés à l’extérieur du système de santé mentale et de traitement de la consommation d’alcool ou d’autres drogues qui soutiennent les victimes des traumatismes, tels que les services de lutte contre la violence, les services aux réfugiés et aux victimes de torture, les services aux anciens combattants, les services aux LGBTB (personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et bi-spirituelles), les services de guérison autochtone et les groupes de soutien propres à chaque sexe.

Supervision régulière

  • Tous les membres du personnel qui travaillent avec des personnes ayant vécu un traumatisme bénéficient d’une supervision structurée et fondée sur les forces d’une personne formée à comprendre les traumatismes.

Réunions du personnel

  • Le personnel se réunit régulièrement et les réunions comprennent des possibilités d’échange de connaissances sur le travail avec les traumatismes.
  • Les dirigeants encouragent les membres du personnel à discuter des questions éthiques liées à la définition des frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle.

Soutien par les pairs

  • Des possibilités de soutien par les pairs et de consultation sont offertes périodiquement.

Soutien à la sécurité de tous

  • Une partie du travail de supervision vise l’aide apportée aux membres du personnel pour qu’ils comprennent leurs propres réactions au stress
  • Les dirigeants encouragent les soins auto-administrés chez les membres du personnel et les questions liées à la sécurité et aux soins auto-administrés sont abordées lors des réunions du personnel.
  • L’organisme recherche régulièrement l’apport des membres du personnel au sujet de leur sécurité, évalue la sécurité du personnel par le biais d’autres mécanismes et apporte des améliorations dans la mesure du possible
  • L’organisme offre des mécanismes de soutien appropriés aux membres du personnel qui ont vécu un traumatisme par procuration.
  • L’organisme fait la promotion d’un milieu de travail psychologiquement sûr aux membres du personnel et aux bénévoles. Un milieu de travail psychologiquement sain et sécuritaire est défini comme « un milieu de travail qui favorise le bien-être psychologique des travailleurs et est axé sur la prévention de toute atteinte à leur santé psychologique, notamment par négligence, insouciance ou de façon délibérée (www.workplacestrategiesformentalhealth.com)

Dépistage universel

  • L’organisme a adopté une politique d’accueil qui déclare clairement l’objectif de dépistage des antécédents en matière de traumatismes et qui précise comment le dépistage sera utilisé pour informer la planification des services et comment il s’appliquera à tous les clients, quelle que soit la façon dont ils ont accès au système (« quelle porte »).
  • Le processus de dépistage et d’évaluation fait l’objet de discussions complètes avec les clients, patients et pensionnaires et on met l’accent tout au cours du processus sur le choix des clients, patients et pensionnaires et leur contrôle de ce qui sera divulgué.
  • Le potentiel d’une nouvelle traumatisation pendant le processus de dépistage et d’évaluation est formellement reconnu par l’organisme et des politiques ont été adoptées pour minimiser ce potentiel.
  • Le protocole de dépistage et d’évaluation est informé par les preuves théoriques et les données probantes des pratiques présentement offertes en matière de sensibilité aux traumatismes.

Lieu de l’évaluation d’accueil

  • L’évaluation doit avoir lieu dans un lieu privé et confidentiel
  • Des interprètes appropriés sont présents, au besoin. Ils ne comprennent pas les membres de la famille ou des interprètes sans formation en matière de traumatismes

Suivi

  • Le dépistage fait l’objet d’un suivi, au besoin, et la possibilité est offerte aux clients de connaître comment le traumatisme est lié à des préoccupations en matière de santé mentale et de consommation d’alcool ou d’autres drogues, d’apprendre des habiletés d’adaptation et de divulguer leurs antécédents de traumatisme à leur rythme.
  • Des mécanismes de soutien sont en place pour les clients après l’évaluation si on discute des traumatismes antérieurs.

Politiques et procédures

Critères

Critère général

L’organisme s’assure que toutes les politiques et tous les protocoles courants ne sont pas nuisibles ou dommageables pour les personnes ayant vécu un traumatisme, qu’ils sont respectueux et qu’ils font la promotion de la sécurité, de la confiance et de la souplesse.

Choix du client

  • Les clients, patients et pensionnaires bénéficient d’un choix complet en ce qui concerne les services qu’ils reçoivent et on leur permet de prendre des décisions au sujet de leur niveau de participation aux services et du rythme de l’offre de ces derniers.
  • On encourage les clients, patients et pensionnaires à faire des choix éclairés en leur présentant de l’information et des discussions sur les services potentiels disponibles et sur les bienfaits, les limites et les objectifs de chacun d’entre eux

Participation des personnes ayant vécu un traumatisme

  • Les personnes qui ont vécu un traumatisme participent à l’élaboration et à l’évaluation des politiques et des protocoles
  • Les clients, patients et pensionnaires sont en mesure de soumettre des suggestions d’amélioration d’une manière confidentielle et anonyme ou d’une manière publique et reconnue.

Savoir-faire culturel

  • Toutes les politiques respectent la culture, le sexe, la race, l’ethnicité, l’orientation sexuelle et la capacité physique des personnes

Respect de la vie privée et confidentialité

  • Tous les membres du personnel et les clients connaissent les exigences du processus de consentement éclairé, y compris la portée et les limites de la confidentialité, le contenu des dossiers conservés et leur lieu de rangement
  • Des processus sont établis pour soutenir les connaissances et la compréhension des clients en matière de consentement éclairé.

Planification de la sécurité et planification en situation de crise

  • Tous les clients, patients et pensionnaires bénéficient de plans de sécurité individuels qui sont entièrement intégrés dans les activités des programmes, y compris une liste de stresseurs, des stratégies particulièrement utiles, des stratégies particulièrement peu utiles, une stratégie pour composer avec les pensées suicidaires et une liste des personnes qui inspirent confiance à la personne traitée.
  • Une politique en matière de service doit indiquer comment les plans de sécurité individuels sont utilisés en situation de crise et comment ils sont renouvelés quand cela est nécessaire.

Éviter une nouvelle traumatisation

  • Des politiques ou une procédure sont adoptées pour minimiser la possibilité d’une nouvelle traumatisation.

Programme de soutien sécuritaire sur le plan affectif

  • Les droits des clients, patients et pensionnaires sont affichés dans des endroits bien visibles.
  • Les programmes évitent les aspects non volontaires ou potentiellement coercitifs du traitement (p. ex., médication non volontaire, isolement, dispositifs de retenue).

Milieu physique

  • Les alentours de l’immeuble du programme sont sécuritaires (p. ex., terrain de stationnement et trottoir bien éclairés, indications claires pour les locaux du programme).
  • Le milieu physique est en phase avec la sécurité (ambiance calme et confortable).

Aiguillages

  • En fonction des évaluations d’accueil, les clients, patients et pensionnaires sont aiguillés, au besoin, vers des services adaptés aux traumatismes qui sont accessibles et abordables.
  • Les clients, patients et pensionnaires sont engagés dans la décision d’aiguillage vers des programmes externes, s’il y a lieu, et ils sont informés des attentes du service d’aiguillage.
  • On offre un soutien aux clients, patients et pensionnaires au cours de leur transition vers des services externes.

Surveillance et évaluation

Critères

Surveillance

  • On collecte des renseignements sur les expériences traumatisantes des clients, patients et pensionnaires qui servent à informer la planification des services.

Évaluation

  • L’évaluation des politiques et des pratiques sensibles aux traumatismes est menée dans le cadre du processus ordinaire d’examen et de planification. Les renseignements recueillis servent à informer et à redéfinir les pratiques.
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